Blue coffee

tumblr_pdk8fy9KTc1v3tafbo4_1280L’été est passé. Les feuilles commencent à tomber.

La psychothérapie familiale a pris fin me laissant désabusée, mais au moins j’ai fait tout ce que je pouvais, j’ai dit ce que j’avais à dire. Depuis je ne vois presque plus mon père et c’est tant mieux.

J’ai aussi arrêté la psychothérapie que j’avais entamé en octobre 2015, quand ma vie a volé en éclats pour mieux se reconstruire. J’ai arrêté parce que je ne ressentais plus le besoin, la nécessité et surtout parce que ça coûter cher surtout quand on n’a pas de boulot et qu’on est au RSA comme moi. C’est d’ailleurs ce qui me préoccupe le plus en ce moment. Le fait d’être sans emploi depuis plus d’un an et de ne pas réussir à trouver du travail est une source d’angoisse quasi permanente.

Parfois l’envie de tout abandonner me submerge et les idées suicidaires reviennent. Puis j’entends miauler. Alors je me souviens qu’il y a 6 mois j’ai voulu un petit chat, que j’ai attendu 3 mois avant de l’avoir, que maintenant j’en suis responsable et que je n’ai pas le droit de me foutre en l’air. Non je n’ai pas le droit de le laisser seul alors que je l’ai tant désiré et que maintenant il est là à me demander plein d’amour et à m’en donner en retour. Je sèche mes larmes, passe de l’eau sur mon visage, respire et repars. Mon petit chat cavale, fait une pirouette et j’éclate de rire.

Même s’ils se sont estompés, les souvenirs de mon séjour en hp sont encore vivaces. Le temps a beau passer, un rien peut m’y renvoyer. Il suffit d’une porte fermée, d’un repas, de certains aliments (omelette, choux-fleurs…), d’une douche, d’un lit à faire, d’un vêtement, d’un mot pour que les sensations me reviennent… Intactes et terribles. Non l’hp ce n’est pas pareil que la prison. Non ce n’est pas pire. Pourtant l’une de tes plus grandes peurs quand tu sors c’est de croiser dehors des gens qui étaient en hp avec toi ; soignant-e-s comme patient-e-s. T’as peur car eux ils t’ont vu dans les pires états, car eux ils savent… Comme quand t’as été en prison et que t’en sors.

On ne sort jamais indemne de l’hp. Quoiqu’il arrive, passer des semaines, des mois voire des années enfermé-e ça marque à vie. L’être humain n’est pas fait pour vivre entre 4 murs.

Dans les moments d’abattement comme maintenant, me souvenir de ma descente en enfer et de mon séjour en hp m’aident à me relever. Je me rappelle que j’ai fait et vécu le plus dur. Je me remémore mon mal être constant, cet état indescriptible qui ne peut malheureusement qu’être vécu pour être compris. Mais à présent c’est fini. Ce que je croyais impossible à réaliser est fait.

J’ai survécu à la dépression, à l’angoisse, à l’hôpital psy. Ce n’est pas la recherche d’un travail qui m’aura.

 

2 réflexions sur “Blue coffee

  1. Nath 13 septembre 2018 / 19 h 57 min

    Courage miss, c’est clair que tu peux surmonter n’importe quoi 🙂 Tu parlais de bouddhisme y’a pas longtemps, et l’idée que tout soit transitoire peut être étrangement réconfortante dans ces moments de doute et d’angoisse, je trouve. Même ça, ça passe. Ou du moins, ça se module, ça se nuance… Bref, ça change.

    Aimé par 1 personne

    • Bulli 14 septembre 2018 / 10 h 05 min

      Oh merci ! Lorsque j’ai un coup de blues j’ai tendance à oublier cette vérité essentielle : la vie est mouvement, tout passe. C’est déroutant de constater que l’angoisse fige le temps, donne la sensation que cet état restera permanent… Heureusement ça va mieux depuis hier 🙂

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